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Living together - Combining diversity and freedom in 21st-century Europe [Report of the Group of Eminent Persons of the Council of Europe] PDF DOWNLOAD >>

DOCUMENTARIO DEDICATO DA AL-JAZEERA ALLA LEADER RADICALE EMMA BONINO

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>> Al-Ahram Hebdo


" LA CRISE DU DARFOUR PEUT FAIRE DÉRAILLER LA PAIX AVEC LES SUDISTES "

Darfour . Députée européenne, Emma Bonino s’est donné pour mission de sensibiliser les pays européens et ceux du Proche-Orient au drame du Darfour. Elle analyse dans cet entretien les raisons de la crise et présente des éléments pour un règlement politique. Al-Ahram Hebdo : Pourquoi vous intéressez-vous à la crise du Darfour ? Emma Bonino : Evidemment, en tant que député au Parlement européen, j’ai des responsabilités et des liens avec la situation dans cette région de l’ouest du Soudan. Aussi, en tant que membre du bureau d’International Crisis Group (Groupe sur les crises internationales), je m’intéresse depuis longtemps à ce problème. On essaye notamment d’attirer l’attention sur le problème du Darfour en particulier, et du Soudan en général. D’un côté, on a suivi toutes les sessions de négociations entre le gouvernement de Khartoum et l’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) de John Garang. Dès la signature de l’accord entre ces deux parties, on a essayé de souligner que cet accord risquait d’être très fragile si on ne l’approche pas d’une manière plus globale, c’est-à-dire en tenant compte des problèmes d’autres populations comme celles du Darfour, du nord et de la région des monts Nouba. Cependant, le dialogue entre les autorités de Khartoum et Garang s’est poursuivi sans tenir compte de ces régions, ce qui a fait que les autres populations se sont senties encore plus marginalisées. D’ailleurs, ce sentiment de marginalisation, surtout au niveau du Darfour, est historique. Cette population s’est toujours sentie marginalisée. C’est pour cette raison qu’il y a plus d’un an, des groupes rebelles du Darfour sont passés aux armes. Et la réaction de Khartoum à cette rébellion a été excessivement dure. Lorsque le gouvernement a réalisé qu’il n’arrivait pas à maîtriser la situation du point de vue militaire, il a commencé à armer les milices arabes, les Djandjawids. Donc, c’était une réaction disproportionnée et le résultat fut catastrophique : 200 000 réfugiés au Tchad, un million de déplacés à l’intérieur du Darfour et au moins 30 000 morts. Il y a aussi la saison des pluies qui approche et on prévoit une famine pour les mois de septembre-octobre. — Comment l’Europe compte-t-elle participer au règlement de la crise au Darfour ? — Tout d’abord, la France et la Grande-Bretagne cherchent à faire adopter une position assez ferme au niveau du Conseil de sécurité de l’Onu. Ensuite, il y a la position de l’Europe en tant qu’ensemble. C’est vrai qu’en ce moment, l’Europe est en transition institutionnelle. Le nouveau Parlement vient d’être élu et ne sera en place que le 19 juillet. La Commission européenne est aussi en phase de transition. Mais ceci n’empêche pas que l’Europe des vingt-cinq ait un commissaire pour l’aide humanitaire, et il faut bien qu’il fasse son travail. On a des ressources financières importantes. Deuxièmement, il faut que l’Europe bouge au niveau politique. Mais pour le moment, c’est plutôt au niveau bilatéral que les choses sont en train de se développer. Il y a eu la visite au Darfour du secrétaire britannique au Développement, ainsi que de son homologue italien. Et j’espère que la France le fera aussi, ceci parce ce pays a une préoccupation majeure pour la stabilité au Tchad. Maintenant, il y a 200 000 réfugiés du Darfour dans ce pays. Ils sont installés près des frontières. Les miliciens et les rebelles profitent de la situation pour se cacher dans les camps des réfugiés. C’est une situation explosive, non seulement du point de vue humanitaire, mais aussi politique. — Comment voyez-vous la solution à ce problème ? — Tout d’abord, il y a l’aspect humanitaire qui est très urgent. Il faut mettre en place des structures pour qu’au moins, aux mois de septembre-octobre, on ne se trouve pas face à des centaines de milliers de morts. Ceci est une opération d’envergure. Ce n’est pas l’affaire d’une petite ONG ici ou là, puisque la région est grande comme la France. Et le gouvernement de Khartoum a signé un cessez-le-feu avec les rebelles le 8 avril, mais l’accord n’a jamais été appliqué. Donc les opérations militaires continuent et le déploiement des observateurs pour l’application du cessez-le-feu n’a jamais eu lieu. Jusqu’à très récemment, seuls six moniteurs se sont rendus sur place dans une zone aussi vaste que la France. Une centaine d’observateurs viennent d’arriver. Pendant longtemps, Khartoum a nié l’ampleur du drame et ses conséquences humanitaires. Maintenant, évidemment, il a été obligé de l’admettre. Auparavant, et puisque Khartoum niait l’existence du problème, l’accès au Darfour était impossible au personnel humanitaire et aux journalistes. Heureusement, ça commence à s’ouvrir un peu maintenant. De toute façon, ce qu’on entrevoit en ce moment est une crise humanitaire qui touche 1,2 million de personnes. — Et au niveau politique ? — D’abord du point de vue militaire, ce qui est fait est fait. Se pose la question des crimes de guerre qui auraient été commis au Darfour. Je parle notamment de l’expulsion des Africains. Des villages ont été brûlés, des puits d’eau empoisonnés. Donc, il faut pousser le gouvernement de Khartoum à trouver des solutions politiques. Sinon, le processus de paix entre le gouvernement soudanais et la SPLA va dérailler. Donc les conséquences ne sont pas seulement humanitaires ; les implications politiques sont importantes au niveau du processus de paix en général au Soudan. Pour faire réussir ce processus, c’est-à-dire pour maintenir l’unité du pays — dans six ans, les sudistes auront à choisir lors du référendum d’autodétermination entre l’unité avec le nord ou la séparation —, le Soudan devra investir beaucoup d’argent pour le développement du sud, dans le but de rendre plus attrayante l’unité avec le nord. A cet effet, la communauté internationale et la Ligue arabe ont décidé d’investir dans la reconstruction, l’infrastructure et les liaisons entre le sud et le nord. On voit mal la communauté internationale investir de l’argent dans un pays dont le gouvernement abandonne tout l’ouest du pays dans une crise humanitaire dangereuse. De plus, si la situation continue à empirer, le chef de la SPLA, John Garang, finira par s’allier aux rebelles du Darfour. Parce que ceux-ci ont les mêmes demandes de répartition du pouvoir que celles que Garang a demandées et obtenues. Donc, au lieu du rapprochement de ce dernier avec Khartoum, réalisé grâce à l’accord de paix Soudan-SPLA, la détérioration de la situation au Darfour risque de conduire au contraire Garang à s’allier aux rebelles du Darfour. Il faut donc pousser le gouvernement et les rebelles de cette région à s’asseoir autour d’une table et à entamer un dialogue. En Europe, on nourrit l'idée de soutenir aussi bien la Ligue arabe que l’Union africaine, c'est-à-dire les organisations régionales, pour qu'elles assument, bien entendu avec le reste de la communauté internationale, la gestion politique de la situation. L’Europe pourrait accorder dans ce cas un soutien pour l’infrastructure, le financement, etc. — Le gouvernement soudanais accuse les pays occidentaux d'exploiter les crises du Darfour et du Sud-Soudan à des fins politiques et pour s'ingérer dans les affaires intérieures du pays ... — En fait, il s'agit de certains pays africains. Ceci parce que l’appui à ces rébellions n’est pas en grande partie occidental. Surtout quand on parle de John Garang, qui reçoit le soutien de l’Ouganda. Il s’agit de problèmes entre ces pays et le gouvernement de Khartoum. L’Egypte a même des intérêts importants à cause de l’eau du Nil. Elle a tenté de pousser le gouvernement d'Omar Al-Béchir à mener une politique un peu moins islamiste, malheureusement sans grand résultat. Donc il y a aussi une certaine nervosité du côté égyptien qui pense que Béchir ne l’écoute pas assez. Il existe aussi des rumeurs assez consistantes selon lesquelles l’Erythrée entraîne les rebelles du Darfour. Propos recueillis par Randa Achmawi





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