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Living together - Combining diversity and freedom in 21st-century Europe [Report of the Group of Eminent Persons of the Council of Europe] PDF DOWNLOAD >>

DOCUMENTARIO DEDICATO DA AL-JAZEERA ALLA LEADER RADICALE EMMA BONINO

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"LES JOURS DU JUGEMENT"

Interview de Barbara Carazzolo √† Emma Bonino Le tribunal install√© le 17 novembre √† la Haye par les Nations Unies pour juger les crimes de guerre en ex-Yougoslavie sera-t-il sans coupables? Un tribunal impuissant, abstrait et fondamentalement inutile qui ne servira qu'√† apaiser la conscience d'une communaut√© internationale qui a tr√®s peu fait pour arr√™ter les m√™mes massacres qu'elle devrait juger aujourd'hui? On l'a √©crit de partout √† l'occasion de l'installation officielle des onze juges plus un minist√®re public qui, sur la base de la r√©solution 837 du Conseil de S√©curit√© de l'ONU, devraient poursuivre ceux qui se sont souill√©s de crimes contre l'humanit√© dans le territoire de l'ex-Yougoslavie. "Mais on doit attendre beaucoup de cette initiative", r√©plique Emma Bonino qui, avec le parti radical transnational, s'est beaucoup battue pour que le Tribunal voie finalement le jour. "Rien ne pourra effacer les erreurs et les inaccomplissements de la communaut√© internationale et surtout de l'Europe, en ce qui concerne cette guerre absurde. Mais cela ne signifie pas que le Tribunal ad hoc ne puisse pas travailler et bien travailler. Certes, il est n√©cessaire que l'opinion publique se mobilise pour garder vive l'attention sur les travaux, sur l'affectation des fonds n√©cessaires √† leur continuation, sur la collaboration que chaque Etat devra fournir. Autrement le Tribunal deviendra lui aussi l'√©ni√®me occasion perdue". Mais n'est-il pas utopiste de penser que Milosevic ou Karadzic aillent spontan√©ment √† la Haye pour se faire juger? "Ce tribunal est l'expression de la volont√© de la seule autorit√© internationale qui ait des pouvoirs contraignants, c'est-√†-dire le Conseil de S√©curit√© des Nations Unies. Il faut faire respecter un mandat d'arr√™t international √©mis en ce si√®ge. Autrement une clause pr√©voit que ces inculp√©s deviennent des 'parias' internationaux: √ßa signifie qu'ils ne pourraient plus sortir de leur pays parce que la police de n'importe quel pays pourrait les arr√™ter. C'est un tournant important dans l'application du droit international et √ßa aplanit le chemin aux travaux pr√©paratoires pour le tribunal permanent de l'ONU, dont on parle depuis des ann√©es et qui, finalement, pourrait passer la ligne d'arriv√©e en 1995, l'ann√©e du cinquantenaire des Nations Unies". Mais comment le Tribunal peut-il fonctionner sans une police qui m√®ne les enqu√™tes et arr√™te les coupables? La commission d'experts envoy√©e par l'ONU en ex-Yougoslavie pour enqu√™ter a d√©j√† recueilli beaucoup d'√©l√©ments, de t√©moignages et de d√©nonciations, malgr√© mille difficult√©s. Et elle pourra continuer √† la faire sur mandat du minist√®re public Escovar Salomon, ancien ministre de la justice et pr√©sident d'Amnesty International au Venezuela. Du point de vue juridique, le Tribunal se base sur trois conventions internationales sign√©es par tous, y compris la Serbie: la convention sur le g√©nocide, celle sur la torture et celle sur les droits de l'homme et sur les droits des victimes de guerre. Et on y affirme que les responsabilit√©s sont individuelles et concernent aussi les officiers qui ob√©issent √† des ordres qui violent ces conventions". Jamais comme dans cette guerre les conventions internationales n'ont pas √©t√© respect√©es: on a m√™me √©t√© jusqu'√† utiliser le viol comme une arme. "La guerre traditionnelle a toujours consid√©r√© les victimes parmi les civils comme des victimes involontaires, accidentelles: on attaquait l'a√©roport et si les bombes tombaient sur les maisons voisines, tant pis. En ex-Yougoslavie, par contre, c'est exactement le contraire: l'objectif est l'extermination de la population civile. Les bombes tombent sur les jardins o√Ļ jouent les enfants, les francs-tireurs tirent sur les gens qui font la file pour du pain. Dans ce contexte le viol et l'√©masculation des hommes sont des armes efficaces autant que les fusils. Et face √† cela, la communaut√© international a pr√©f√©r√© faire semblant de rien, mettre tout le monde sur le m√™me plan, agress√©s et agresseurs, et continuer √† force de tr√™ves qui ponctuellement ne sont pas appliqu√©es. Par contre ils auraient d√Ľ dire d√®s le d√©but que la Serbie est l'agresseur, que Milosevic est en train de faire ce qu'a fait Hitler. Et l'Europe, maintenant comme alors, fait semblant de me pas voir, elle continue avec la politique habituelle d'"appuyer l'homme fort pourvu qu'il maintienne la tranquillit√© dans la r√©gion", dans l'espoir que t√īt ou tard il se calme. Mais Milosevic ne se calmera pas parce qu'il a vu aussi qu'il peut faire ce qu'il veut. Un autre principe que doivent respecter les pays adh√©rant aux Nations Unies, autrement ils en sont expuls√©s, c'est que l'on ne change pas les fronti√®res par la force des armes. Et une fois que la communaut√© internationale a reconnu l'ind√©pendance de la Croatie, de la Slov√©nie et de la Bosnie, elle ne peut pas tol√©rer que les fronti√®res soient chang√©es par des actes d'agression. Aussi parce qu'en agissant de la sorte elle offre beaucoup d'espoirs √† tous les dictateurs du tiers monde qui sont justement en train d'attendre comment r√©agit la communaut√© internationale devant ces √©v√©nements, pour en tirer ensuite leurs cons√©quences". Excluant l'intervention arm√©e, quelles possibilit√©s les Nations Unies ont-elles d'arr√™ter vraiment les massacres? "Mais comment, l'ONU a r√©ussi √† isoler l'Irak de ses fr√®res musulmans par un embargo de fer et elle ne r√©ussit pas ensuite √† faire la m√™me chose avec la Serbie? Si elle le voulait, la communaut√© internationale pourrait isoler Milosevic √©conomiquement, politiquement et diplomatiquement. Sans p√©trole Milosevic ne tiendrait pas deux mois. Sans p√©trole on ne fait pas la guerre. Et le p√©trole ne se transporte pas √† dos d'√Ęne sur les sentiers de montagne, mais il voyage sur les routes et sur les autoroutes dans des citernes. Par cons√©quent ce n'est pas vrai qu'on ne peut pas contr√īler aux fronti√®res les marchandises √† destination de la Serbie. On ne veut pas le faire. Une chose est claire cependant, c'est que les Etats limitrophes, qui souffrent de l'embargo, devraient √™tre d√©dommag√©s. On l'a fait avec l'Irak mais o ne l'a pas fait avec la Serbie. Et l'Europe continue √† traiter avec Milosevic au rabais le plus bas".





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