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DOCUMENTARIO DEDICATO DA AL-JAZEERA ALLA LEADER RADICALE EMMA BONINO

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ATTENTION AUX AFFAIRES ETRANGERES

Interview Ă  Emma Bonino par Mario Avagliano

ROME. «Et maintenant les petites croix sont devenues deux». Emma Bonino (1), piémontaise, 49 ans, députée depuis 1976, est gaie comme un pinson. «Avec la nomination du ministère public du Tribunal international sur les crimes de guerre en Bosnie - explique-t-elle - le second point de l'accord de gouvernement entre les réformateurs et Berlusconi a été également respecté". Emma Bonino nous accueille avec un sourire dans son bureau au troisième étage de Via di Torre Argentina, le siège historique du parti de la Rose au poing. Sur le mur se détache une photo d'elle avec le Dalaï-lama. Elle a été prise à l'occasion de la rencontre avec Berlusconi. «Le premier engagement respecté par le gouvernement» rappelle-t-elle. Sur son bureau, par contre, plein de papiers, il y a un fax qui porte l'en-tête des Nations Unies. C'est la lettre de remerciement d'Antonio Cassese, président du Tribunal international. La bataille des radicaux et l'intervention du gouvernement italien dans les rencontres bilatérales du G7 ont été déterminants pour la nomination du mp. «Maintenant l'impasse a été évitée - commente Emma Bonino - et le Tribunal, qui est un instrument international pour faire justice et pour rétablir les droits aussi barbarement foulés au pied en ex-Yougoslavie, peut finalement fonctionner. N'oublions pas que le Tribunal est le premier après celui de Nuremberg et de Tokyo. Cette fois, cependant, il ne s'agit pas d'affirmer la justice des vainqueurs mais la justice et le droit international, à partir de la convention de Genève sur le génocide». Quel était l'obstacle qui empêchait le Tribunal de fonctionner? «On ne réussissait pas à nommer un ministère public. Les deux derniers candidats avaient été torpillés par la Russie, avec la raison qu'ils appartenaient à la zone OTAN. Avec Cassese, nous avons réussi à trouver un troisième candidat, le sud-africain Richard Goldstone. Au G7 Berlusconi lui-même a posé la question lors des rencontres bilatérales avec Eltsine. Et tout a été résolu». Le prochain pas à faire? «La campagne pour l'institution d'un Tribunal international permanent. Le problème est qu'il y a des tonnes de conventions sur les droits de l'homme et sur l'environnement, mais qu'aussi bien les instruments de contrôle que ceux de sanction font défaut. A présent le gouvernement italien devrait se faire promoteur, à l'Assemblée de l'ONU, d'une résolution pour l'institution du Tribunal». Quels sont les autres objectifs de politique internationale du gouvernement? «Le premier ministre s'est engagé avec nous les réformateurs à convoquer une conférence nationale pour l'évaluation des politiques prohibitionnistes dans la lutte contre la drogue. L'autre engagement que nous avons concerne l'abolition de la peine de mort avant l'An 2000 et l'affirmation d'un nouveau droit humain: celui de ne pas être tués par force de loi». Que pensez-vous de la politique étrangère de l'Italie? «Jusqu'à présent le ministre Martino n'a pas beaucoup fait. Il s'est trouvé objectivement dans la nécessité de beaucoup "voyager", aussi bien parce qu'il est le représentant d'un nouveau gouvernement que parce que la présence dans l'exécutif de ministres post-fascistes a créé quelques problèmes. A ce jour, donc, on ne sait pas encore quelle est l'orientation de politique étrangère du gouvernement. Voilà pourquoi la Commission Affaires étrangères de la Chambre a demandé un débat sur ce thème d'ici la fin juillet». Qu'attendez-vous de Martino? «Sur la question du Tribunal international nous nous sommes trouvés d'accord. A présent il faudrait un engagement pour la coopération avec les Pays du Tiers Monde. Il n'a rien dit à ce propos. Il s'agit d'une matière dont s'occupent uniquement les juges». Certains accusent Martino d'être "eurosceptique". C'est vrai? «Sur cela le ministre a fait des déclarations contrastantes. De toute manière je suis d'accord avec lui lorsqu'il déclare être sceptique sur une Europe uniquement économique, sans institutions politiques fortes». Que pensez-vous du sommet du G7? «Malheureusement l'Italie s'est jointe au projet de répartition de la Bosnie. Un projet impraticable qui piétine totalement le droit international. On ne change pas les frontières avec les armes». Parlons du gouvernement Berlusconi. Comment s'est-il comporté durant ces cinquante jours? «Ça ma semblé une période où probablement ceux qui pensaient que les choses pouvaient être résolues en vingt-quatre heures, ont dû changer d'avis. Même l'histoire du décret sur la RAI (2) n'a certainement pas été exaltante. Et en termes de reprise économique, j'attends encore de voir quelque chose. Ensuite, à l'intérieur de Forza Italia, il y a de fortes contradictions». De quel genre? «A l'intérieur de Forza Italia il y a deux âmes. Une catholique, qui poursuit explicitement l'électorat démocrate chrétien et la tentative d'occuper le vide laissé par la DC (3), en laissant de côté les idées libérales. Preuve en est la volonté d'adhérer au Parti populaire européen, au lieu de renforcer le groupe libéral. Une grave erreur. Il y a ensuite une âme libérale, qui a permis par exemple de présenter ensemble un appel pour le tour unique et pour le système présidentiel anglo-saxon-américain». Et Berlusconi, c'est un bon premier ministre? «Je m'inquiète un peu de la course après les sondages, qui sont fort utiles mais qui ne doivent pas être sacralisés. Le rôle d'une classe dirigeante est de gouverner l'opinion publique, pas de s'y conformer. La limite de Berlusconi est de vouloir plaire à tout le monde. Cela peut l'empêcher de faire des choix courageux».





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