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BEN LADEN NE DOIT PAS FINIR EN MARTYR

par Emma Bonino

Détourner des avions, s'en servir comme missiles pour réduire des gratte-ciel en poussière et provoquer délibérément la mort de milliers d'innocents: un tel acte peut-il être qualifié crime contre l'humanité? Pour moi la réponse est oui, et j'estime qu'à ce titre, c'est l'humanité tout entière - et pas seulement les Etats-Unis - qui est en droit de poursuivre et de punir les responsables des attentats du 11 septembre. En outre, certains indices portent à croire que se trament actuellement dans l'ombre, en d'autres coins du globe, des désastres comparables à ceux de New York et Washington. Il existe bel et bien un tribunal pénal international permanent, susceptible d'instruire le procès des terroristes présumés du 11 septembre: Oussama ben Laden et ses complices. Malheureusement, il n'existe que sur le papier. Et même si 120 pays membres des Nations unies ont effectivement signé en juillet 1998 à Rome, le traité instituant le premier «tribunal pénal mondial» de l'Histoire, trois ans plus tard - notamment grâce à l'inexplicable dédain de la «grande diplomatie» pour cette question - nous n'en sommes encore qu'à 43 ratifications parlementaires nationales, sur les 60 requises pour rendre la Cour internationale opérationnelle. Quant à l'instauration d'un nouveau tribunal ad hoc, comme ce fut le cas pour l'ex-Yougoslavie et le Rwanda, cette idée ne semble pas davantage faire son chemin auprès des Nations unies. Que faire alors pour s'assurer qu'Oussama ben Laden finisse ses jours en prison, comme Slobodan Milosevic, plutôt que de mourir en héros sous une pluie de bombes et gagner ainsi le paradis que le délire fondamentaliste promet à ses «martyrs»? Aujourd'hui, après de tels événements, personne ne peut dénier aux Etats unis le droit de pourchasser et condamner par tous les moyens possibles ces ennemis de l'humanité. Il me paraît en revanche imprudent de circonscrire la lutte contre le nouveau terrorisme autour d'une «Alliance mondiale antiterroriste», laquelle risque fort d'être équivoque: n'importe quel régime serait libre d'y adhérer (et d'en tirer alors une certaine légitimité), y compris les régimes totalitaires, déterminés à régler des comptes avec leurs propres terroristes, réels ou supposés. Pour éviter que la part de l'humanité encore condamnée à vivre dans la misère ne continue à prendre quelques idolâtres de la mort pour les paladins des «laissés-pour-compte», le monde devrait pouvoir disposer d'une «organisation mondiale de la démocratie» (n'avons-nous pas déjà une organisation mondiale du commerce?) qui réunirait les États enclins à respecter les règles et les principes sanctionnés par les accords et les traités internationaux et qui exclurait à l'inverse ceux qui piétinent la loi et les droits fondamentaux sur leur propre sol. Peut-être n'en serions-nous pas arrivés à la situation actuelle si la communauté internationale s'était rendu compte à temps qu'un foyer de déstabilisation mondiale naissait en Afghanistan. Le rapport alarmant, rédigé à mon retour d'une visite mouvementée dans le Kaboul des talibans, moisit depuis quatre ans à Bruxelles et dans les chancelleries des quinze pays de l'Union européenne. Je soutenais alors que le régime illégal instauré à Kaboul par une poignée de fanatiques, devait être rejeté et combattu par la communauté internationale parce que, coupable de violations massives et volontaires des droits de l'homme, il constituait un danger pour la sécurité de la région tout entière. Pour dénoncer la discrimination «raciale» dont souffre la population féminine afghane (autre crime contre l'humanité), j'ai lancé, avec le soutien du Parlement européen et espagnol, la campagne internationale «une fleur pour les femmes de Kaboul»., dont le point culminant fut une journée dédiée aux femmes sans visage d'Afghanistan.Constatant le peu d'enthousiasme des diplomates occidentaux, j'exhortais les représentants gouvernementaux, y compris américains: «Si le sort des femmes ne vous émeut pas, pensez au danger que court la Terre entière en abandonnant aux mains de terroristes exaltés, un pays aussi essentiel sur le plan géostratégique que l'Afghanistan, poste charnière sur la route du gaz et du pétrole, sans parler de la drogue.» Lors d'une situation analogue, au début des années 90, on vit la diplomatie occidentale s'efforcer, par tous les moyens, de coexister avec Milosevic plutôt que de le combattre. Puis, vint le moment où, face à tant de barbarie, de Srebrenica au Kosovo, les gouvernements membres de l'Otan prirent la responsabilité de recourir aux armes pour mettre ces assassins hors d'état de nuire. Pendant toute la durée de l'intervention en Serbie, le monde entier a connu de vives polémiques. Mais depuis que le tribunal de La Haye a mis la main au collet des criminels de guerre, plus personne ne semble disposé à voir en Milosevic un malheureux héros persécuté, et dans ses seconds couteaux, des patriotes opprimés. Aujourd'hui, derrière l'Otan, c'est l'humanité tout entière qui juge dix années d'horreur en ex-Yougoslavie. Il faut souhaiter la même chose pour l'après-11 septembre. En effet, ce n'est pas par simple amour de la justice qu'il convient d'identifier, de capturer et de juger les «grands criminels» du nouveau terrorisme: c'est le préambule indispensable pour que les États de droit puissent regarder en face les stratèges du fondamentalisme politico-religieux, ainsi que leurs acolytes. Pour tenter de barrer la route à cette nouvelle espèce d'ennemis de l'humanité - tristes messagers de la mort comme le furent les architectes des camps de concentration et des goulags. Emma Bonino est députée européenne, ancienne commissaire en charge des aides humanitaires à la Commission de Bruxelles. (Traduit de l'italien par Bérangère Erouart et Noëlle Bouayad).





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