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LA TRANSITION ENERGETIQUE SERA EUROPEENNE OU NE SERA PAS

Le Huffington Post - 11 février 2013

par Géry Lecerf

Le d√©bat sur la transition √©nerg√©tique s'engage tr√®s timidement en France. Comme c'est souvent le cas pour ces grandes concertations √† vocation participative, il convient d'√©viter l'√©cueil de l'abstraction et tenter d'aborder les enjeux dans leur globalit√©, sans mettre de c√īt√© les r√©alit√©s, soit par confort intellectuel, soit par id√©ologie. Une de ces r√©alit√©s est que l'Europe constitue l'horizon pertinent par excellence pour la transition √©nerg√©tique.

L'Europe, c'est tout d'abord un cadre structurant pour la politique de l'√©nergie. La dimension strat√©gique du secteur de l'√©nergie a toujours √©t√© pr√©pond√©rante dans le projet europ√©en. D√®s 1951, l'√©nergie √©tait au cŇďur du trait√© de Paris instituant une Communaut√© du charbon et de l'acier (CECA). En 1957, le trait√© Euratom fut sign√© simultan√©ment avec le Trait√© de Rome instituant la CEE. D√®s 1955, les chefs de gouvernement s'√©taient m√™me accord√©s √† Messine sur le "d√©veloppement des √©changes de gaz et de courant √©lectrique propres √† augmenter la rentabilit√© des investissements et √† r√©duire le co√Ľt des fournitures."

Cinquante ans plus tard, les trois "paquets √©nergie", qu'on le regrette ou non, ont permis de poser les bases d'un march√© int√©rieur de l'√©nergie toujours en construction et dont la Commission europ√©enne aimerait voir l'ach√®vement en 2014. Sur le plan de la ma√ģtrise de l'offre d'√©nergie, depuis les ann√©es 2000, la l√©gislation europ√©enne a trait√© de la performance des b√Ętiments (2002), de l'√©co-conception (2005), des services √©nerg√©tiques (2006)). Tout cela s'est construit sur fond d'objectif 3X20 en 2020, traduit notamment par des objectifs ambitieux en mati√®re d'√©nergies renouvelables, par le syst√®me d'√©changes de quotas de CO2 avant-gardiste (mais inachev√©) et par la r√©cente directive sur l'efficacit√© √©nerg√©tique (2012). Enfin, le Trait√© de Lisbonne a inscrit l'√©nergie, excusez du peu, au rang des comp√©tences partag√©es de l'Union europ√©enne.
Faut-il se voiler la face en ayant la prétention de penser que sans l'impulsion et le cadre européens, la France aurait envisagé cette transition de manière aussi consensuelle ?

L'Europe c'est aussi l'échelon le plus cohérent pour la transition énergétique. Pour l'économiste Jean-Marie Chevalier, c'est même l'espace au monde capable de la gérer au mieux. A ce titre, il est heureux que le Gouvernement, par la voix de Mme Batho et M. Fabius, ait intégré la "dimension continentale" des enjeux liés à la transition énergétique en invoquant une réponse européenne. La tentation est pourtant forte en France, comme l'avait souligné en son temps M. Cohn-Bendit, de "faire croire qu'on peut réaliser la transition énergétique dans un seul pays".

En effet, le temps o√Ļ l'√©nergie pouvait encore se penser √† l'√©chelle nationale est r√©volu... depuis l'apr√®s-guerre ! La France de l'√©nergie n'est pas une √ģle. La solidarit√© des r√©seaux europ√©ens dans l'effort de reconstruction europ√©en a accompagn√© la construction de la paix et la construction de l'Europe des petits pas ch√®re √† Jean Monnet. Songeons qu'une des plus vieilles institutions pan-europ√©ennes, l'UCTE (Union for the Co-ordination of Transmission of Electricity), date du d√©but des ann√©es 1950. Cette solidarit√© de fait, organis√©e et rationnalis√©e ensuite, est d√©sormais le fondement des √©changes d'√©nergie en Europe. Elle permet par exemple √† la France, pays le plus thermosensible d'Europe, de compter sur la pointe de ses voisins pour passer les pointes de froid.¬†
Cet espace d'échange fait de l'Europe un espace cohérent et consistant en termes de débouchés pour les acteurs du monde de l'énergie mais aussi un ensemble potentiellement capable de faire valoir sa force dans les négociations avec nos grands voisins.

Cette coh√©rence se fonde aussi sur la compl√©mentarit√© : ainsi, l'intermittence de l'√©olien ou du photovolta√Įque se traduit par des exc√©dents ou des d√©ficits important de production dans certaines zones, selon que ces production y fonctionnent ou non. Ces exc√©dents peuvent √™tre valoris√©s pour r√©pondre aux besoins de pointe sur d'autres zones.

La cohérence européenne doit enfin nous obliger à mesurer l'impact de choix énergétiques trop souvent pensés uniquement à une échelle nationale, mais aussi à prendre conscience de l'apport de nos voisins. Ainsi, l'avancée au pas de course de l'Allemagne en matière d'énergies renouvelables, n'est pas sans conséquences sur les marchés et sur ces voisins. Les tropismes français (tarifs [mal] administrés, parc nucléaire conséquent...) sont difficilement solubles dans une Europe plus intégrée. De même, continuer à concevoir la sécurité d'approvisionnement à l'échelle nationale est une perte de temps quand on sait tout le bénéfice que l'on peut retirer de l'interconnexion avec nos voisins.

L'absence d'avanc√©es notables en mati√®re de politique europ√©enne de l'√©nergie entre les ann√©es 50 et la fin des ann√©es 90 s'expliquait par la volont√© des Etats de pr√©server leurs pr√©rogatives dans le secteur de l'√©nergie. Cette juxtaposition st√©rile de strat√©gies nationales prenait place dans un contexte de bouleversements li√©s aux diff√©rentes crises √©nerg√©tiques mondiales qui auraient pourtant d√Ľ justifier une approche commune. Il est imp√©ratif que cette erreur ne se renouvelle pas au moment d'affronter le d√©fi autrement plus colossal que constitue la transition √©nerg√©tique. Car √† vouloir √©riger des choix nationaux en mod√®le √† suivre √† tout prix, on se trompe de combat. La fuite en avant de l'Energiewende allemande √† 15 milliards d'euros par an a ses limites. Le choix fran√ßais d'une part nucl√©aire aussi pr√©pond√©rante n'est pas transposable. Et une orientation vers des zones de sp√©cialisation (la France ch√Ęteau d'eau nucl√©aire, l'Allemagne champion du renouvelable et une Europe du Sud thermique...) ne serait pas raisonnable. Ce qui est raisonnable, c'est de donner un second souffle √† l'Europe de l'√©nergie pour √©viter se garder d'emprunter les voies st√©riles des r√©flexes nationaux.

Au lieu de chercher la pierre philosophale de la transition énergétique dans tels ou tels modèles nationaux, par nature imparfaits, essayons de construire un véritable modèle européen. Souhaitons que le Conseil européen de mai 2013, consacré à l'énergie, l'esquissera.





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