sito in fase di manutenzione: alcuni contenuti potrebbero non essere aggiornati
 
 febbraio 2020 
LunMarMerGioVenSabDom
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
242526272829 
CAMPAGNE
MISSIONI

CERCA:

Ministero degli Affari Esteri

Living together - Combining diversity and freedom in 21st-century Europe [Report of the Group of Eminent Persons of the Council of Europe] PDF DOWNLOAD >>

DOCUMENTARIO DEDICATO DA AL-JAZEERA ALLA LEADER RADICALE EMMA BONINO

Cookie Policy

>> Le Monde


TEMOIGNAGES-CHOCS DE REFUGIES AU SUD

Le Monde - 21 novembre 2013

par Philippe Mesmer

Ā«Faites attention aĢ€ votre ombre. Fai- tes attention aĢ€ votre famille. Je vous ferai sentir aĢ€ quel point la vengeance peut eĢ‚tre cruelle.Ā» Cā€™est un fax aĢ€ lā€™origine inconnue, dateĢ du 25 octobre. Les mots font peur mais Park Sang- hak, son destinataire, ne semble gueĢ€re sā€™en soucier. Ā«La police enqueĢ‚teĀ», explique cette figure de la lutte pour le renversement du reĢgime nord-coreĢen, qui subodore une nouvelle menace de Pyongyang. Ā«En avril, jā€™avais recĢ§u un pigeon mort.Ā» Park Sang-hak a fui en CoreĢe du Sud en 1999 graĢ‚ce aĢ€ son peĢ€re, qui avait fait deĢfection en 1996 apreĢ€s une carrieĢ€re au plus preĢ€s du pouvoir aĢ€ Pyongyang. Avant de sā€™eĢchapper, M. Park travaillait pour la propagande du reĢgime. Devenu militant Ā«par devoir et convictionĀ», il multiplie les actions, en envoyant notamment vers le Nord des ballons chargeĢs de tracts tendant aĢ€ casser les mythes entourant le reĢgime. Il a deĢjaĢ€ fait lā€™objet de plusieurs tentatives dā€™assassinat. Sa famille et lui vivent sous protection constante de la police sud-coreĢenne. Son histoire comme sa lutte traduisent la face sombre du reĢgime nord-coreĢen, mal connue, mais dont le contour se dessine en creux, au fil des teĢmoignages de ceux qui ont reĢussi aĢ€ y eĢchapper, ce qui est de plus en plus difficile. Ā«Depuis lā€™arriveĢe au pouvoir de Kim Jong-un en deĢcembre 2011, explique Kim Yong-tae, de lā€™association dā€™aide aux reĢfugieĢs NKnet, la surveillance de la frontieĢ€re avec la Chine a eĢteĢ renforceĢe.Ā» Cela se ferait avec la compliciteĢ de PeĢkin. Ā«La police chinoise a distribueĢ des moyens de communication aux habitants de la frontieĢ€re pour quā€™ils signalent le passage de Nord-CoreĢens.Ā» Elle aurait eĢgalement multiplieĢ les cameĢras de surveillance.
CoĢ‚teĢ nord-coreĢen, les sanctions en cas de tentative de fuite restent seĢveĢ€res. Tenter de passer la frontieĢ€re serait passible de 7 anneĢes de deĢtention. Ceux dont il est eĢtabli quā€™ils veulent partir en CoreĢe du Sud risquent lā€™enfermement dans un camp de prisonniers politiques, voire dā€™eĢ‚tre exeĢcuteĢs. En 2012, les reĢfugieĢs arriveĢs au Sud nā€™ont pas deĢpasseĢ le chiffre de 1 509. Ils eĢtaient plus de 2 700 en 2011.
Quelque 24.000 reĢfugieĢs habitent en CoreĢe du Sud, avec leur histoire souvent cruelle. Ji Seong-ho est amputeĢ dā€™un bras et dā€™une jambe depuis les anneĢes 1990. Ā«Cā€™eĢtait pendant la peĢriode de famine. Jā€™eĢtais le fils aiĢ‚neĢ alors je devais mā€™occuper de ma famille.Ā» Il prend tous les risques pour deĢgoter de la nourriture, jusquā€™aĢ€ se glisser la nuit sous un train pour entrer dans lā€™enceinte dā€™une mine et deĢrober des aliments. Ā«Une fois, aĢ€ cause de lā€™eĢpuisement, je suis tombeĢ.Ā» En 2000, il passe une premieĢ€re fois en Chine. Ā«CĢ§a mā€™a ouvert les yeux sur le monde exteĢrieur.Ā»
En 2006, ce natif de Hoeryong, dans la province de Hamgyong-Nord (nord-est), fuit. Son peĢ€re lā€™aide aĢ€ passer le fleuve Tumen, aĢ€ la frontieĢ€re sino-nord-coreĢenne. Il arrive aĢ€ SeĢoul apreĢ€s un peĢrilleux voyage aĢ€ travers la Chine et le Laos pour rejoindre la ThaiĢˆlande, pays qui accorde un statut aux reĢfugieĢs.
Aujourdā€™hui eĢtudiant en droit, il dirige lā€™organisation non gouvernementale Now Action & Unity for Human Rights (NAUH), qui aide les jeunes reĢfugieĢs du Nord. Il a appris que son peĢ€re avait eĢteĢ tortureĢ et tueĢ en guise de repreĢsailles. En par la punition du coupable comme de sa famille, qui se prolonge parfois sur plusieurs geĢneĢrations.
Cā€™est aussi la faim qui a pousseĢ Oh Se-hyeok aĢ€ quitter la ReĢpublique populaire deĢmocratique de CoreĢe (RPDC). Ā«Tout a commenceĢ avec la mort de ma meĢ€re. Jā€™eĢtais aĢ€ lā€™eĢcole pour devenir officier. Mon peĢ€re a eĢteĢ chasseĢ du Parti du travail [parti unique, au pouvoir] car il ne payait plus les cotisations et nā€™assistait plus aux seĢances dā€™autocritique.Ā» ForceĢ dā€™arreĢ‚ter ses eĢtudes, il doit travailler pour nourrir sa famille. Il nā€™y parvient pas. Ā«Il eĢtait difficile dā€™avoir un repas par jour.Ā» Il deĢcide de partir en 2003. Il est aujourdā€™hui sans nouvelle de ses proches.
Cette reĢaliteĢ est eĢvoqueĢe lors des auditions de la commission dā€™enqueĢ‚te de lā€™ONU sur les droits de lā€™homme en ReĢpublique populaire et deĢmocratique de CoreĢe. CreĢeĢe en mars, notamment pour Ā«eĢtablir pleinement la responsabiliteĢĀ» des violations des droits de lā€™homme en RPDC, Ā«en particulier lorsque ces violations peuvent constituer des crimes contre lā€™humaniteĢĀ», elle a organiseĢ des auditions en aouĢ‚t aĢ€ SeĢoul, en septembre aĢ€ Tokyo, et qui se poursuivent en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. La CoreĢe du Nord a refuseĢ de collaborer, y voyant une Ā«manœuvre politiqueĀ» pour obtenir un changement de reĢgime.
Devant les trois juges de la commission se succeĢ€dent, parfois de manieĢ€re anonyme, les teĢmoins directs ou indirects des deĢrives du reĢgime de Pyongyang: les mauvais traitements, les enleĢ€vements de ressortissants eĢtrangers, comme ceux de peĢ‚cheurs sud-coreĢens ou de la Japonaise Megumi Yokota, kidnappeĢe en 1977 aĢ€ 13 ans alors quā€™elle revenait de lā€™eĢcole, et surtout le systeĢ€me carceĢral, particulieĢ€rement les camps de prisonniers politiques, sont eĢvoqueĢs.
Peu dā€™informations circulent aĢ€ leur sujet. De 80.000 aĢ€ 120.000 personnes seraient deĢtenues dans cinq camps, estimait en mai lā€™Institut coreĢen pour lā€™unification nationale (KINU), baseĢ aĢ€ SeĢoul. Ā«Les informations dont nous disposons commencent aĢ€ dater, deĢplore Oh Se-hyeok, qui travaille eĢgalement pour le site dā€™information sur la CoreĢe du Nord DailyNK. Le dernier teĢmoignage dont nous avons connaissance date de plusieurs anneĢes.Ā» Il sā€™agit de celui de Kim Hye-suk, qui a passeĢ vingthuit ans dans le camp 18, aĢ€ Bukchang (centre-ouest). EmprisonneĢe en 1975 parce que son grand-peĢ€re avait fui au Sud, elle a beĢneĢficieĢ dā€™une amnistie en 2003, aĢ€ lā€™occasion de lā€™anniversaire du leader Kim Jong-il (1941-2011). Elle a quitteĢ la CoreĢe du Nord en 2009.
Le teĢmoignage le plus prenant reste celui de Shin Dong-hyuk, recueilli en 2012 par le journaliste Blaine Harden dans RescapeĢ du camp 14 (eĢd. Belfond). Lā€™ouvrage est traduit en 13 langues et, selon Shin Dong-hyuk, Ā«il a permis aĢ€ beaucoup de gens de sā€™inteĢresser aĢ€ la situation des droits de lā€™homme en CoreĢe du NordĀ».
NeĢ en 1981 dans le camp 14, situeĢ aĢ€ Kaechon (ouest) et qui abriterait 50 000 deĢtenus, Shin Dong-hyuk a teĢmoigneĢ le 20 aouĢ‚t aĢ€ SeĢoul et rappeleĢ que son premier souvenir eĢtait celui dā€™une exeĢcution publique. Ā«Jā€™avais 5 ans et je ne comprenais pas, se souvient-il. Pour la premieĢ€re fois, jā€™entendais des deĢtonations. Jā€™ai eu si peurque je suis tombeĢ.Ā» A 14 ans, il a eĢteĢ tortureĢ parce que ses parents avaient tenteĢ de sā€™eĢchapper.
Jin Heon-a, elle, a eĢteĢ incarceĢreĢe en 1999 apreĢ€s avoir eĢteĢ renvoyeĢe de force en RPDC par les autoriteĢs chinoises. Elle a assisteĢ au meurtre dā€™un nouveau neĢ, tueĢ par sa meĢ€re sur ordre des gardiens du camp. PrisonnieĢ€re, elle a duĢ‚ se nourrir de grenouilles saleĢes. Dans les camps, les rations alimentaires ne deĢpassent pas 350 grammes par jour, explique-t-on chez NKnet. Il nā€™y a pas de viande. Les prisonniers chassent les rats, les serpents ou les grenouilles.
Ā«Il faut avoir un cœur de pierre pour ne pas eĢ‚tre bouleverseĢ par les teĢmoignages recueillisĀ», a deĢclareĢ, le 25 octobre, le preĢsident de la commission, le magistrat australien Michael Kirby, apreĢ€s des auditions reĢaliseĢes aĢ€ Londres. La commission consulte des juristes ameĢricains et britanniques pour obtenir une extension des attributions de la Cour peĢnale internationale, baseĢe aĢ€ La Haye (Pays-Bas). Elle permettrait de juger les responsables des abus en CoreĢe du Nord.





Altri articoli su:
[ Asia ] [ Cina ] [ Corea del Nord ] [ Corea del Sud ] [ Corte Penale Internazionale e Tribunale Penale Internazionale ] [ Diritti Umani, Civili  & Politici ] [ Estremo Oriente ] [ ONU ]

Comunicati su:
[ Asia ] [ Cina ] [ Corea del Nord ] [ Corea del Sud ] [ Corte Penale Internazionale e Tribunale Penale Internazionale ] [ Diritti Umani, Civili  & Politici ] [ Estremo Oriente ] [ ONU ]

Interventi su:
[ Asia ] [ Cina ] [ Corea del Nord ] [ Corea del Sud ] [ Corte Penale Internazionale e Tribunale Penale Internazionale ] [ Diritti Umani, Civili  & Politici ] [ Estremo Oriente ] [ ONU ]


- WebSite Info