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TOUS LES PARTIS ISLAMISTES SONT EN CRISE

La Libre Belgique - 6 décembre 2013

Mais ils ne sont pas morts, leur influence étant encore prégnante, affirme l’islamologue Gilles Kepel.

L’islamologue et politologue français Gilles Kepel était en visite, mardi à Bruxelles, où il était à la tribune des Grandes conférences catholiques. En près de quarante ans d’étude de l’islam et des sociétés arabes, Gilles Kepel est allé partout, a parlé avec les acteurs qui comptent et bien d’autres. Une expérience qui pimente son dernier ouvrage, "Passion arabe" (Gallimard) paru au printemps dernier, un journal documenté et commenté des voyages qu’il a effectués ces trois dernières années dans un Maghreb et un Moyen-Orient révoltés. Il lui reste pourtant encore à découvrir. Comme cette impressionnante série de colonnes torsadées de l’ancienne cité d’Apamée qu’abrite une immense salle du Musée du Cinquantenaire. Sur ce site syrien, qui se trouve aujourd’hui dans le village sunnite de Qal’at al Madhiq (le "château des gorges"), sur la ligne de front avec les Alaouites, ont œuvré des archéologues belges dans les années 1930.

"C’est tout ce qu’il reste de ce site : les colonnades ont été détruites par les chars", déplore Gilles Kepel, admiratif et ému - c’est sur ce site, visité en 1974, qu’est née sa vocation d’arabisant. Avant de constater que ces vestiges bruxellois d’Apamée sonnent creux…

L’imbroglio est total en Syrie. Après deux et demi de conflit, il y a au moins trois parties en jeu: pouvoir, Armée syrienne libre et jihadistes. Les choses n’ont-elles pas dégénéré de manière telle qu’aujourd’hui toute solution politique apparaît très compliquée à trouver ?
La dégradation de la situation est terrible, à la fois sur le plan militaire et sécuritaire à l’intérieur du pays. Et sur le plan humanitaire dans les zones de guerre et à l’extérieur du pays. On pouvait intervenir au début, quand l’opposition démocratique existait, les Occidentaux avaient tout leur poids pour peser à ce moment-là. Ils ne l’ont pas fait. Toutes ces révolutions arabes se déroulent selon ce que l’on pourrait appeler en vieux vocabulaire marxiste les lois du développement inégal et combiné : au fur et mesure que la situation en Syrie a vu les islamistes gagner du terrain, le soutien enthousiaste aux révolutions est devenu inversement proportionnel. La jihadisation progressive de la guerre civile syrienne a inhibé en grande partie l’aide. A double sens. En France, on ne voulait pas donner d’armes à des gens que l’on ne connaît pas et de peur que ces armes soient ramenées pour commettre des attentats. Cette opposition fait peut être plus peur que le régime de Bachar al Assad.
Cette jihadisation du conflit syrien, qui serait instrumentalisée par le pouvoir, constitue-t-elle une étape déterminante ?
Probablement. On pense que le régime syrien a contribué à inoculer le virus du jihad dans la résistance pour la faire exploser. Un peu comme cela s’est produit en Algérie et en Tchétchénie. Du reste, tous les services de renseignement de ces pays ont tous été formés par les manuels de contre-insurrection soviétiques puis russes. Les Russes et les Iraniens ont le vent en poupe, pour le moment en tout cas. Les Iraniens ont engagé la négociation sur le nucléaire dans une position qui leur est relativement favorable puisqu’ils ont plutôt un avantage sur le plan syrien. On voit bien comment la situation syrienne est un élément de la négociation globale avec Téhéran.
La destitution du président Mohamed Morsi en Egypte a-t-elle porté un coup fatal aux Frères musulmans, voire à l’islam politique ?
Les Frères ont pris un vrai coup. Morsi a gagné (l’élection) grâce au vote des Frères et de toute une population qui ne voulait plus de l’ancien régime. Or celle-là, Morsi se l’est aliénée durant la première année de son mandat. Il lui a donné le sentiment que les Frères - qui sont un réseau très fermé, très structuré et organisé - allaient désormais transposer cet Etat bis dans l’Etat réel. Et que l’Etat égyptien, qui est corrompu, que l’on peut donc bakchicher et qui redistribue la rente, serait désormais inaccessible et réservé aux seuls Frères. En Tunisie, on n’a pas l’impression qu’Ennahda a encore l’aura qu’il avait à ses débuts à cause de sa mauvaise gouvernance, des assassinats de Chokri Belaid et de Mohamed Brahmi (des opposants politiques, NdlR) et de l’ambiguïté d’un certain nombre de dirigeants d’Ennahda qui soutiennent les jihadistes. A ce stade en Tunisie, il n’existe pas d’alternative crédible.
Les Frères musulmans, et les partis islamistes en général, ont un réel problème de positionnement sur les principes démocratiques, à la fois au niveau de leur organisation et au niveau de la société...
L’année dernière, les Qataris - qui se croyaient à l’époque les maîtres du monde, cela a bien changé - faisaient venir tous les Frères chez eux pour les booster et les assurer de leur immense solidarité. Aujourd’hui, tous ces partis connaissent une situation de crise. Cela étant, ils ne sont pas morts. En Egypte, l’appareil des Frères reste présent, même si les dirigeants sont en prison et si leurs réseaux de solidarité ont été affectés. Ils ont résisté à 80 ans de répression, qui plus est, ceux-ci ont vu le massacre de leurs camarades, de leurs amis, de leurs frères, sur les places. Cela crée une nouvelle figure du martyr, comme l’avait été l’assassinat de Banna (le fondateur des Frères musulmans) en 1949 ou la pendaison de Sayyed Kotb (auteur et théoricien islamiste) par Nasser en 1966.
L’islam politique sera-t-il un jour capable de produire des lois humaines indépendantes du religieux ?
Pour les Frères égyptiens, je n’en suis pas convaincu parce que le poids de l’appareil est énorme. Hamadi Jebali, que j’ai rencontré à plusieurs reprises avant même qu’il ne devienne Premier ministre de la Tunisie, comparait facétieusement les Frères musulmans à un parti encore totalement stalinien et le Ennahda tunisien (dont il fait partie, NdlR) au Parti socialiste français. Cette comparaison n’engage que lui, mais il est vrai que l’on voit bien une pluralité de tendances dans Ennahda : les islamo-démocrates, les proches des jihadistes. En tout cas, les révolutions ont surpris tout le monde parce que les Arabes sont en train de s’emparer de deux choses qui leur avaient été confisquées lors de leurs indépendances : la liberté d’expression et la démocratie.





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