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JAPON: UNE LOI SUR LES SECRETS D'ETAT FAIT POLEMIQUE

Le Monde - 15 décembre 2013

par Philippe Mesmer

C'est dans un contexte marqué par les tensions avec la Chine et la Corée du Sud, qu'une loi sur les secrets d'Etat a été adoptée au Japon. " Rédigé en termes vagues ", estimait le 8 décembre le quotidien de centre gauche Asahi, " ouvrant la voie à de possibles abus contrariant le droit à l'information de la population inscrit dans la Constitution ", le texte devait être promulgué vendredi 13 décembre. Nul ne conteste le droit de l'Archipel de protéger certaines informations. Mais la législation ne définit pas clairement le champ des données à classifier. Les hauts fonctionnaires pourront le faire avec celles qu'ils jugent comme relevant de la défense, des affaires étrangères, de la lutte contre le terrorisme ou du renseignement intérieur. Les peines encourues pour leur divulgation iront jusqu'à dix ans de prison.

" Compte tenu de la traditionnelle opacité de la bureaucratie, déplore Koichi Nakano, de l'université Sophia, il faut s'attendre à une application large de ces principes. Une catastrophe nucléaire comme celle de Fukushima pourrait être considérée comme relevant de la sécurité nationale. "" Ma plus grande crainte, ajoute l'avocat Hiroyasu Maki, est la difficulté accrue pour la population de suivre le processus décisionnaire du gouvernement. " L'absence d'organe indépendant de suivi des classifications inquiète. Trois structures encadreront le processus, mais elles réuniront des fonctionnaires ou des proches de l'administration en place.

Et puis, pourquoi avoir précipité l'adoption d'un texte considéré par l'écrivain Kenzaburo Oe comme menaçant " les libertés de religion, de pensée, de conscience, d'expression, d'assemblée et d'association ", qui redoute de voir les Japonais désormais hésiter à agir et à parler ? Avocats, universitaires, journalistes inquiets pour leur travail d'investigation, scientifiques dont plusieurs Prix Nobel, certaines stars comme Norika Fujiwara, une actrice qui fut la première à évoquer la dangerosité du texte sur son blog en septembre, et une partie de la population ont appelé à son abandon.

Le gouvernement voulait faire coïncider son adoption avec la création, au début du mois, du Conseil de sécurité nationale (CSN), chargé de faciliter les réactions militaro-diplomatiques du Japon en cas d'urgence. Et il souhaitait répondre à une demande des Etats-Unis favorables à une telle législation. Pour ses détracteurs, il voulait éviter de voir les débats s'éterniser.

Adopté définitivement dans la soirée du 6 décembre par la Chambre haute, au cœur d'une nuit au climat alourdi par les slogans de milliers de manifestants massés autour du Parlement appelant à" défendre les libertés " et brandissant des panneaux le qualifiant de " coup d'Etat ", le texte n'a fait l'objet que de discussions limitées. De quoi, semble-t-il, satisfaire une majorité parlementaire aux ordres.

" La commission de la Chambre basse a questionné le gouvernement pendant vingt-deux heures, celle de la Chambre haute pendant dix-sept heures, a cru bon de déclarer le 5 décembre Masahisa Sato, parlementaire du Parti libéral-démocrate (PLD, au pouvoir). Je pense que ça suffit. " Le 2 décembre, Shigeru Ishiba, le secrétaire général du PLD, connu pour sa passion de la chose militaire, a qualifié d'" actes de terrorisme " les manifestations.

" Stratégie du choc "

Le vote de la loi intervient dans un contexte particulier. Certains dressent un parallèle avec la loi de préservation de l'ordre public de 1925, législation ayant ouvert la voie à la répression des opposants à la montée du militarisme d'avant-guerre. " Ce texte avait été adopté deux ans après le grand séisme de Tokyo, rappelle Koichi Nakano. Le nouveau l'est deux ans et demi après la triple catastrophe du Tohoku - 11 mars 2011 - . "

M. Nakano y voit un exemple d'application au champ politique de La Stratégie du choc (Actes Sud, 2008), théorisée dans le champ économique par la militante canadienne Naomi Klein, selon laquelle des gouvernements et groupes de pression profitent du désarroi, voire du traumatisme, provoqué dans la population par un conflit, une crise ou une catastrophe naturelle, pour faire avancer des réformes conformes à leurs intérêts. Les intérêts de l'administration Abe semblent se porter sur le contrôle de l'information, voire le contrôle policier. Les renseignements dépendent de la police et " se concentrent surtout sur les médias et les politiciens ", rappelait en novembre le mensuel Sentaku.

Le même mois, le premier ministre Shinzo Abe a nommé quatre proches au conseil d'administration de la NHK, organe chargé de nommer le dirigeant de la télévision publique. L'un est l'écrivain ultranationaliste Naoki Hyakuta. Une autre est Machiko Hasegawa, auteure d'ouvrages comme Qu'est-ce que ce truc appelé démocratie ?, qui cherche à démontrer que le carnage de la première guerre mondiale découle du développement de la démocratie. Dans Notre très effrayante Constitution, Mme Hasegawa voit dans les fondements de la Constitution de 1947 – droits de l'homme, pacifisme et souveraineté du peuple – les ressorts de la destruction du Japon. Pas de quoi rassurer le groupe audiovisuel, dont le nouveau directeur sera nommé en janvier. Dans cette première stratégie de sécurité nationale de l'après-guerre, un objectif serait de renforcer le soutien populaire en " entretenant le sentiment d'amour de la patrie ".





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