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REVOLTE SUNNITE ET IMPASSE DE LA VIOLENCE: L'IRAK AU BORD DE L'IMPLOSION?

Le Huffington Post (Maghreb) - 9 janvier 2014

par Myriam Benraad

Le 4 janvier 2014, plusieurs hauts responsables de la s√©curit√© int√©rieure irakienne faisaient √©tat de la prise de Fallouja - bastion insurg√© situ√© √† l'ouest de Bagdad dans la grande province sunnite d'Al-Anbar - par des combattants li√©s √† l'√Čtat islamique d'Irak et du Levant (EIIL), √©manation locale de l'organisation salafiste-jihadiste d'Al-Qa√Įda. Les affrontements violents qui ont pris place dans la ville en ce d√©but d'ann√©e ne sont pas les premiers √† frapper cet ancien fief de l'insurrection anti-am√©ricaine et font suite √† une s√©rie d'incidents venus sanctionner un nouveau point d'orgue du conflit irakien. Ils t√©moignent surtout d'une logique toujours plus vive et meurtri√®re de communautarisation des lignes de faille en Irak et √† l'√©chelle de toute la r√©gion, comme en t√©moigne la crise syrienne voisine et ses effets d'ores et d√©j√† redoutables.

Cette "bataille de Fallouja" intervient tout d'abord √† une date particuli√®rement symbolique, √† savoir dix ans apr√®s les deux si√®ges militaires am√©ricains qui avaient d√©vast√© la ville suite au rapt et √† l'ex√©cution par pendaison de quatre contractuels de la soci√©t√© Blackwater. En l'espace de quelques semaines, Fallouja √©tait tomb√©e une premi√®re fois aux mains de la mouvance jihadiste, alors conduite par le Jordanien Abou Mousab al-Zarqawi, "prince" d'Al-Qa√Įda en Irak et embl√®me de la r√©sistance √† l'occupation √©trang√®re jusqu'√† sa mort dans un raid en 2006. Au terme de longs et terribles combats, de loin les plus meurtriers de toute la phase d'occupation, l'arm√©e am√©ricaine √©tait finalement parvenue √† restaurer un semblant d'ordre au mois de novembre 2004, abandonnant Fallouja derri√®re elle √† un champ de ruines.

R√©duits au rang de minorit√©, frapp√©s par la "d√©baasification" - politique d'√©limination syst√©matique du r√©gime baasiste en 2003 - et mis en marge au plan politique, les sunnites ont tir√© du traumatisme de Fallouja un profond ressentiment tant √† l'√©gard des √Čtats-Unis que des nouvelles autorit√©s irakiennes chiites et kurdes. Ils ont boycott√© les premi√®res √©lections de janvier 2005, puis se sont tenus √©loign√©s du processus de transition dans son ensemble. M√™me les tentatives de certains partis de revenir sur le devant de la sc√®ne, lors du second scrutin de d√©cembre 2005 et des √©lections provinciales de 2009 par exemple, se sont sold√©es par des √©checs cuisants. Alors que nombre de sunnites avaient mis√© sur les derni√®res √©lections de la p√©riode d'occupation en mars 2010 et la candidature du chiite la√Įc Iyad Allawi (bloc Iraqiyya) pour op√©rer un retour, le coup de force orchestr√© par Al-Maliki pour se maintenir au pouvoir a fait voler en √©clats leurs espoirs.

Le virage autoritaire amorc√© par le Premier ministre au cours des deux derni√®res ann√©es, et ayant pris la forme d'une concentration toujours plus grande du pouvoir, n'a fait qu'affermir ce constat amer et la perception g√©n√©ralis√©e parmi les sunnites d'un gouvernement chiite √† la botte de l'Iran. En lieu et place d'un dialogue avec ses critiques et adversaires, Al-Maliki a choisi l'option du tout r√©pressif, ignorant les demandes les plus l√©gitimes exprim√©es par les manifestants (r√©int√©gration politique, fin des bavures s√©curitaires) et reproduisant ironiquement certaines pratiques ch√®res √† l'ancien dictateur irakien Saddam Hussein. Al-Maliki s'est lanc√© dans une v√©ritable campagne de diabolisation des sunnites, associ√©s tous azimuts √† la mouvance d'Al-Qa√Įda ainsi qu'√† l'ancien parti Baas.

Illustration de cette d√©rive, Al-Maliki fait prononcer un mandat d'arr√™t contre le vice-pr√©sident sunnite Tarek al-Hach√©mi, figure cl√© de la mouvance irakienne des Fr√®res musulmans, au lendemain m√™me du retrait des derni√®res troupes am√©ricaines en d√©cembre 2011. Accus√© de liens avec le terrorisme et d'actes criminels contre les chiites, celui-ci est condamn√© √† mort par contumace en septembre 2012. Deux mois plus tard, en d√©cembre, c'est au tour du ministre des Finances Rafi al-Issawi, lui-aussi sunnite et membre de l'alliance Iraqiyya, d'√™tre vis√© par le gouvernement √† travers l'arrestation de plusieurs de ses gardes du corps et son placement en r√©sidence surveill√©e. L'√©v√©nement marque le point de d√©part du mouvement contestataire d'Al-Anbar, d'o√Ļ est originaire Al-Issawi, men√© par un ensemble de figures religieuses, la√Įques et tribales exigeant toutes la r√©habilitation des sunnites et favorisant l'usage de moyens pacifiques pour ce faire. Mais c'est pourtant par la force que Bagdad r√©pond aux manifestants, et non par une quelconque volont√© d'apaisement et de dialogue national.

Le 23 avril 2013, sur fond de report du scrutin provincial dans les r√©gions sunnites entr√©es en r√©bellion, le Premier ministre irakien lance une offensive contre le camp de Houwe√Įja, situ√© √† l'ouest de la ville p√©trolif√®re de Kirkouk. L'assaut fait plusieurs dizaines de mort du c√īt√© des protestataires et engendre un nouveau cycle de tensions entre chiites et sunnites. D'autres actions du m√™me type suivent et culminent le 30 d√©cembre 2013 lorsque le gouvernement d√©cide de d√©manteler le camp de Ramadi, install√© un an auparavant sur la route reliant Al-Anbar √† Bagdad. Dans la foul√©e, le d√©put√© et cheikh sunnite Ahmed al-Alwani, connu pour son soutien aux opposants, est lui-aussi arr√™t√©. L'ire des sunnites, radicalis√©s par des mois de combats avec les forces de s√©curit√©, ainsi qu'une d√©cennie de stigmatisation, atteint son comble, l'EIIL capitalisant sur ce pourrissement pour recruter de nouveaux membres, appeler √† la s√©cession territoriale et se pr√©senter comme seule alternative militaire et politique.

Or, au-del√† de la confrontation historique qui les oppose actuellement √† Bagdad et d'un ind√©niable √©lan de solidarit√©, les sunnites demeurent extr√™mement divis√©s, tant sur un plan tactique qu'au niveau id√©ologique. D√©chir√©s entre lutte arm√©e et horizon d'une participation politique, repli religieux et attachement au s√©cularisme, urbanit√© et reviviscence des all√©geances tribales, ces derniers sont incapables de parler d'une m√™me voix. Certaines tribus et forces politiques ont d'ailleurs choisi de s'aligner sur ce qu'elles per√ßoivent comme le "moindre mal", √† savoir l'offensive finale d√©cid√©e par le gouvernement central contre Al-Qa√Įda. Al-Maliki a √©videmment bien compris l'int√©r√™t d'exploiter ces divisions pour briser la contestation sunnite et ainsi affaiblir les rangs de l'opposition. Il en va ici de sa survie politique de long terme, surtout √† l'approche des √©lections l√©gislatives dont la tenue a √©t√© fix√©e au 30 avril 2014.





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