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LE PLURALISME SANS RISQUES DE MOUBARAK/ AYMAN NOUR, OPPOSANT VIRULENT

Libération - 6 septembre 2005 En Egypte, le taux de participation est le véritable enjeu de cette présidentielle-plébiscite. par Claude Guibal Les banderoles à la gloire des candidats à la première présidentielle multipartite de l'histoire de l'Egypte ont colonisé les rues du pays. Dans cette débauche de couleurs, où le nom et le portrait du président sortant Hosni Moubarak semblent omniprésents, des banderoles vertes et orange rappellent que le traditionnel référendum-plébiscite en vigueur jusqu'à cette année a laissé la place à une élection concurrentielle. Le vert, c'est celui du Wafd, le parti historique de la décolonisation, dont le chef, le septuagénaire et effacé Noaman Gomaa, devrait arriver en seconde position, loin derrière Hosni Moubarak. L'orange, c'est la couleur choisie par le libéral Ayman Nour, le plus virulent des adversaires du raïs, lors de la création de son parti l'hiver dernier, en pleine révolution ukrainienne. Les sept autres candidats, totalement inconnus, sont à la portion congrue. Partis légaux. Seuls les chefs de partis légaux ont pu se présenter. Les indépendants, dont les Frères musulmans, force d'opposition majeure, ont été écartés par les conditions de candidature rédhibitoires du nouveau mode de scrutin. A l'inverse de la gauche et du mouvement d'opposition civile Kefaya (Ça suffit), qui prône le boycott du scrutin, les Frères musulmans ont eux appelé à voter... contre Moubarak. Mais à 77 ans, le raïs n'a guère à s'inquiéter pour sa réélection. Débarrassé de ses adversaires inquiétants, le régime a promis une «campagne électorale exemplaire». La télévision d'Etat a pris soin de respecter les temps de parole. Au point que certains ont demandé au ministre de l'Information de réparer ce qui leur apparaissait comme un «déséquilibre» au détriment du raïs. Mais selon des études indépendantes, chaînes privées et presse écrite lui ont consacré trois fois plus de place qu'à tous ses adversaires réunis. Malgré tout, les Egyptiens ­ même désabusés quant à l'issue du scrutin ­ l'admettent : le débat politique, certes balbutiant, existe désormais. Le raïs s'est vu critiqué, avec plus ou moins de virulence, dans tous les médias, y compris la télévision publique, et chaque candidat a pu exposer son programme. Cependant, regrette Human Rights Watch, «l'existence d'un débat public ne signifie pas une vraie liberté de choix». Contrôle judiciaire. Les observateurs redoutent ainsi la fraude. L'enjeu n'est pas tant l'issue du vote que le taux de participation. Lors de son dernier meeting, Moubarak ne s'y est pas trompé en adjurant les Egyptiens de voter. Dans sa vaste majorité, la population n'a pas l'intention de se rendre aux urnes. Selon les magistrats, qui ont supervisé les précédents scrutins, la participation ne devrait pas excéder 25 %. Or, le régime ne peut guère tolérer une abstention de plus de 50 % sans que soit mise en cause la légitimité de la réélection de Moubarak. Le vote sera placé sous contrôle judiciaire. Mais les juges, qui ont longtemps menacé de le boycotter, ont prévenu qu'ils ne pourraient pas «en garantir à 100 % la transparence». «Notre présence dans les bureaux de vote ne résout ni les intimidations policières ni le trucage des listes électorales.» Légalement, les juges, qui ont dénoncé des «fraudes massives» lors du référendum constitutionnel du 25 mai, ne devraient pas être seuls à surveiller le scrutin. Le tribunal administratif du Caire a donné raison aux ONG qui réclamaient le droit de déployer des observateurs indépendants. Une décision que la commission électorale a décidé d'ignorer. L'estrade est plantée juste au pied du Mogama, bâtiment de style stalinien du ministère de l'Intérieur, symbole de toutes les lenteurs administratives de l'Egypte. Le grand écran est prêt. Des haut-parleurs géants annoncent l'arrivée imminente de «l'homme qui peut sauver l'Egypte». C'est Yasser Hamza qui le dit. A 24 ans, étudiant, il n'a connu que Hosni Moubarak. Aujourd'hui, dit-il, «il faut du changement, et pour ça, il n'y a qu'Ayman Nour. C'est le seul à parler vrai». Un grondement extatique parcourt les 2 000 personnes rassemblées devant l'estrade : l'idole arrive. Très à l'aise, la quarantaine râblée, Ayman Nour fend la foule, tout sourire, rejoint la tribune et martèle son credo, mêlant libertés politiques, sociales, économiques, fin du chômage. «Vingt-quatre ans de Moubarak, ça suffit !» s'écrie-t-il. Surprise. L'hiver dernier, Ayman Nour a marqué les esprits lorsque son parti al-Ghad (Demain) a été le premier depuis vingt ans à être créé et autorisé en Egypte. Mais en février, ce même Ayman Nour était expédié en prison pour d'obscures accusations de falsification de documents officiels. Une affaire dont le jugement a été reporté après l'élection. Cette incarcération, cependant, lui a valu sa célébrité. Très médiatisée par la presse internationale, elle a fait de ce personnage au passé équivoque un symbole de l'opposition à Moubarak, le mettant au centre d'un bras de fer entre l'Egypte et les Etats-Unis. Au point que Condoleezza Rice a annulé en représailles une première visite au Caire. Lors de son passage cet été, c'est d'ailleurs le seul membre de l'opposition qu'elle ait rencontré. Dans ce pays très américanophobe, ce flirt avec les Etats-Unis le dessert. Il a beau se défendre d'être le candidat de la Maison Blanche, il reste perçu par l'Egyptien lambda comme un escroc arriviste, un tricheur, un homme de «paroles creuses», par opposition au président Moubarak, qui fustige ainsi le plus virulent de ses rivaux. Ses détracteurs s'interrogent sur l'origine de sa fortune, son immense loft avec piscine, et lui reprochent son populisme et son opportunisme. S'affichant laïc, il est allé courtiser les Frères musulmans en priant avec leur chef et en leur promettant un parti politique. Dans les quartiers populaires, il est le défenseur des plus pauvres. Avec les chefs d'entreprise, il donne dans l'ultralibéralisme. Mais si sa récente et limitée popularité n'en fait pas un adversaire trop inquiétant pour le régime actuel, beaucoup craignent ou espèrent que ce trublion ait à jouer un rôle bien plus important dans les années à venir.





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