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"LES OPINION PUBLIQUES SONT POUR UNE INTERVENTION AU DARFOUR"

Editorial publié dans Le Temps du 10 avril 2007 par Gareth Evans et Andrew Stroehlein Les tentatives d'attirer de manière soutenue l'attention des médias internationaux sur les conflits violents et les atrocités de masse de par le monde sont une tâche déprimante. Non seulement le sujet en soi est profondément perturbant, mais la portée de l'attention qui lui est accordée reste limitée. Il est souvent difficile de savoir si les opinions publiques y prêtent attention d'une manière telle qu'elles seraient susceptibles de rendre leurs gouvernements plus réceptifs. A propos du Darfour, par exemple, alors que des organisations non gouvernementales comme la nôtre ont tiré la sonnette d'alarme depuis plus de trois ans, aucune action internationale efficace pour mettre fin à cette violence couverte par l'Etat n'a été concrétisée. Mais de nouveaux indices suggèrent que le message commence à passer. Un sondage d'opinion réalisé dans dix-huit pays* et rendu public jeudi dernier, 5 avril, par WorldPublicOpinion.org et le Chicago Council on Global Affairs révèle des résultats encourageants sur l'attitude du public à l'égard des atrocités de masse en général, et de la tragédie du Darfour en particulier. A la question générale de savoir si le Conseil de sécurité des Nations unies avait «la responsabilité d'autoriser l'usage de la force pour protéger des populations de violations graves des droits humains telles que le génocide, et ce même contre la volonté de leur propre gouvernement», de fortes majorités ont répondu favorablement: 74% des Américains sont d'accord, tout comme 69% des Palestiniens, 66% des Arméniens, 64% des Israéliens, 54% des Français et des Polonais et 51% des Indiens. Et, dans tous les pays, les personnes interrogées sont plutôt en faveur qu'opposées à cet usage de la force. Le résultat le plus surprenant vient sans doute de Chine. Bien que son gouvernement soit considéré depuis longtemps comme un fervent défenseur de la souveraineté étatique dans pratiquement toutes les circonstances, un bon 76% des citoyens chinois sont d'avis que le Conseil de sécurité a la responsabilité d'intervenir quand de tels crimes de masse ont lieu. C'est un résultat encourageant. De par le monde, les gens ressentent une obligation fondamentale de mettre fin aux atrocités de masse partout où elles ont lieu, quels que soient les moyens que cela nécessite. En bref, la doctrine du devoir de protection (ou «R2P» l'abréviation pour responsibility to protect, ou «responsabilité de protéger», selon le terme onusien) recueille une vraie crédibilité populaire. Et ce malgré le combat d'arrière-garde dirigé contre elle par un bon nombre d'Etats qui ne supportent pas l'idée de la moindre limitation à leur souveraineté. Le principe R2P a été adopté à l'unanimité par les chefs d'Etat et de gouvernement lors du Sommet mondial des Nations unies de septembre 2005. Il consiste à transférer à la communauté internationale la responsabilité qu'ont les Etats souverains de protéger leur propre population contre la violence de masse et les atrocités, lorsqu'un Etat faillit à cette responsabilité, que ce soit par incapacité ou par mauvaise volonté; cette responsabilité internationale doit être exercée par des mesures progressives, y compris en dernier recours la force militaire, si elle s'avère absolument nécessaire. Appliquer le principe R2P à des cas particuliers comme le Darfour demande une analyse pondérée des mesures qui pourraient être efficaces et de celles qui seraient au contraire contre-productives. Les résultats du sondage international suggèrent que, lorsque les gens sont raisonnablement bien informés sur des situations spécifiques, ils font preuve intuitivement d'un jugement pratique sensé. Un nombre important de sondés (particulièrement dans des pays comme la Thaïlande, l'Ukraine et l'Arménie) n'ont pas d'opinion concernant le Darfour. Sans doute est-ce là le résultat de la faible attention qui y est accordée dans leurs médias nationaux. Mais ceux qui ont une opinion considèrent le principe comme juste. Dans tous les pays sondés, de fortes majorités se sont dégagées en faveur du «droit» du Conseil de sécurité à autoriser une intervention militaire au Darfour, mais ils sont moins nombreux à estimer qu'il a la «responsabilité» d'agir ainsi immédiatement. Plus loin dans le sondage, lorsque les questions se précisent et que l'on demande aux sondés si leur propre pays devrait envoyer des troupes dans le cadre d'une force internationale de maintien de la paix «pour arrêter les tueries au Darfour», le soutien diminue. Seuls la France et les Etats-Unis sont majoritairement d'accord. En fait, la plupart des analystes pensent pour le moment que le recours à une intervention terrestre non consentie et de grande envergure au Soudan dans le but de protéger une fois pour toutes les populations du Darfour engendrerait très certainement plus de mal que de bien. Cela rendrait impossible le maintien du cordon humanitaire actuel dont dépendent des millions de personnes et mettrait probablement en péril la paix fragile entre le nord et le sud. Une paix qui se maintient déjà péniblement. L'objectif actuel réside dans des mesures de sanctions économiques sévères, spécialement ciblées sur ce qui pourrait le plus heurter les intérêts de Khartoum et conçues afin de l'amener à accepter une force internationale de protection des civils et à faire de sérieux efforts pour parvenir à un accord de paix totale et durable avec les rebelles. Il est fascinant, au regard de ce sondage, de voir que les nombreuses personnes de par le monde qui se sentent suffisamment bien informées sur la situation au Darfour pour avoir une opinion à ce sujet semblent comprendre qu'il existe de nombreuses mesures moins extrêmes qui n'ont pas encore été prises, mais qui devraient certainement l'être aujourd'hui. De manière générale, les sondés sont bouleversés par les violations majeures de droits humains, sont au courant de ce qui se passe, acceptent le principe du devoir de protection et - tout en restant prudents sur le recours à la force militaire - veulent une action appropriée. Il est temps désormais que leurs gouvernements la décident. *Argentine, Arménie, Australie, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Inde, Indonésie, Iran, Israël, Mexique, Pérou, Philippines, Pologne, Russie, Thaïlande, Ukraine, plus les territoires palestiniens. Toutes les questions n'ont pas été posées dans tous les pays.





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