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LES EAUX DEVIENNENT TROUBLES

Al-Ahram Hebdo - 1 mai 2010

Après l’échec des négociations de Charm Al-Cheikh et la menace proférée par certains pays du bassin de voter un nouvel accord sur le partage des eaux du fleuve, l’Egypte est condamnée à chercher une issue le plus vite possible

par Samar Al-Gamal

La question est ancienne, très ancienne. Elle a toujours été vitale pour une Egypte qui vit au rythme de ce Dieu-fleuve et qui fait du partage de l’eau du Nil une affaire de «sécurité nationale». Ces deux mots ne cessent de revenir sur les lèvres des responsables égyptiens depuis des décennies et encore cette dernière semaine à la suite d’un rendez-vous avorté des neuf pays du Bassin du Nil. Sur la ville côtière de Charm Al-Cheikh, l’Egypte et le Soudan ont refusé de remettre en question leurs droits historiques sur l’eau du Nil. Des droits que leur contestent les sept autres pays riverains du bassin, poussés par l’Ethiopie qui contrôle les sources du Nil Bleu, qui alimente de 85 % le débit du fleuve. L’Egypte, avec son quota de 55 milliards de mètres cubes par an, a du mal à satisfaire les besoins de sa population de plus de 80 millions d’habitants. Elle est déjà sous le seuil de la pauvreté hydraulique avec un peu plus de 800 m3 par habitant, alors que celui-ci est fixé à 1 000 m3 par les Nations-Unies. Ce quota par tête tombera à environ 630 m3 en 2025. Et contrairement aux autres pays riverains du Nil qui peuvent compter sur un climat équatorial riche en pluie, le pays des pharaons obtient environ 95 % de son eau via le fleuve. L’Ethiopie n’utilise que 1 %, le Kenya 2 %, la Tanzanie 3 %, Burundi 5 % et ce sont les pays qui réclament un amendement de l’accord qui gère le partage des eaux du Nil depuis 1929. Pour le Soudan, les 18,5 milliards de m3 qu’il obtient du Nil ne représentent que 15 % de ses ressources en eau.

L’affaire, aussi importante, aussi conflictuelle et aussi historique, n’a pas empêché Le Caire de traiter la question avec confiance qui, des fois, frôle l’indifférence, comme l’écrit  l’écrivain Farouq Goweida dans un récent article, L’eau du Nil en danger. Les ministres des Ressources hydrauliques refusaient, depuis des décennies, de faire état des problèmes avec leurs confrères du Bassin du Nil et l’Egypte semblait compter sur sa soft-power acquise depuis l’époque de Nasser, époque où le pays était un leader africain et inspirateur de l’indépendance du continent noir. Au fil des années, l’Egypte d’Al-Sadate, puis encore plus celle de Moubarak, s’est retirée, au profit d’une intervention en force d’un Israël aspirant à une partie de cette eau. Les Etats-Unis et la Chine, aussi font concurrence avec une multiplication de projets dans ces pays africains, riches en eau mais pauvres dans tout le reste.

L’Egypte se mobilise

L’échec des négociations n’était donc pas une surprise pour l’Egypte qui rejette un nouvel accord-cadre qui réduirait sa part du fleuve. Le Caire exige aussi de ne pas toucher au consensus sur tout nouveau projet d’irrigation émanant des Etats. En raison des réserves de l’Egypte et du Soudan, les 8 autres membres de l’Initiative du Bassin du Nil ont décidé de se donner un nouveau rendez-vous, le 14 mai à Entebbe, pour conclure l’accord qui « entrerait en vigueur avec la ratification de 6 pays » et non par l’unanimité.

Le Caire a immédiatement dépêché son chef de la diplomatie chez les voisins du Nil,  porteur d’un message du président égyptien; Khartoum a fait de même. Le premier ministre, Ahmad Nazif, entamera cette semaine en Ethipoie une tournée similaire. Il aurait aussi, selon des rapports de presse, demandé l’intervention du pape Chénouda, patriarche d’Alexandrie et de toute l’Afrique, qui entreprend de très bonnes relations avec les Ethipoiens qui suivent son Eglise copte orthodoxe. L’Egypte, qui a apparemment confié le dossier aux services secrets, indice de l’ampleur de la crise, aurait fait appel à des experts internationaux pour examiner les accords anciens et élaborer un rapport juridique. Ce rapport comprend, selon des sources travaillant sur le dossier, une «lettre d’intention» élaborée par les présidents égyptien et éthiopien en 1993 et approuvée par les Nations-Unies et qui, donc, a la valeur d’un accord international.

Le Caire n’écarte pas, selon les mêmes sources, le recours à un arbitrage international au cas où les 8 pays mènent à bien leur projet du nouvel accord. Les Egyptiens ont fait en même temps appel aux pays donateurs pour intervenir et bloquer tout financement de projets sans l’aval du Caire et de Khartoum.

Le pays est en crise, selon les observateurs. Les déclarations des responsables en témoignent. S’exprimant devant le Parlement, le ministre de l’Irrigation, Mohamad Allam, a affirmé que l’Egypte défendra «ses droits historiques sur les eaux du Nil et se réserve le droit de prendre toutes les mesures pour défendre ces droits». Le ministre des Affaires juridiques, Moufid Chéhab, qui était un des piliers du contentieux sur Taba avec les Israéliens, a eu recours à des termes plus menaçants, estimant que «c’est une affaire de vie et de mort», reprenant sous mots couverts les menaces de guerre formulées à l’encontre de l’Ethiopie sous Al-Sadate en de circonstances pareilles. Rien de ceci ne calme les esprits, surtout qu’aujourd’hui, Le Caire ne semble pas en mesure d’aller aussi loin. Que fera vraiment l’Egypte si cet accord est approuvé ? Nul ne le sait. Au ministère des Affaires étrangères, on se contente de dire que «Le Caire dispose de scénarios bien précis mais qui ne peuvent pas être dévoilés en ce moment».






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