febbraio 2012 
LunMarMerGioVenSabDom
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829 
CAMPAGNE
MISSIONI

CERCA:

Living together - Combining diversity and freedom in 21st-century Europe [Report of the Group of Eminent Persons of the Council of Europe] PDF DOWNLOAD >>

DOCUMENTARIO DEDICATO DA AL-JAZEERA ALLA LEADER RADICALE EMMA BONINO

Interventi audiovideo di Emma Bonino (da RadioRadicale.it) »

>> Al-Ahram Hebdo


LA PLUPART DES PAYS DE L'AFRIQUE ONT RETROUVE LE CHEMIN DE LA CROISSANCE

Al-Ahram Hebdo - 14 mai 2010

Propos recueillis par Christophe Boisbouvier (MFI)

Depuis le début de l’année, vous dites que la reprise de l’économie mondiale est fragile. Est-ce qu’une rechute est possible ?

Elle est peu probable. Ce n’est pas notre scénario principal, mais elle n’est pas impossible, surtout si on retirait les différents stimulis qui ont été mis en place trop rapidement.

Vous étiez récemment en tournée en Afrique où vous avez visité le Kenya, l’Afrique du Sud et la Zambie. L’Afrique a été touchée par la crise financière mondiale. Beaucoup de pays ont perdu deux points de croissance l’an dernier. Quelles sont vos prévisions pour cette année ?

Je suis plutôt optimiste pour l’Afrique subsaharienne. C’est vrai qu’elle a été durement touchée par la crise mais les années de croissance exceptionnelles depuis trente ans, qui ont existé notamment en Afrique de l’Ouest juste avant la crise, avaient donné quelques marges en matière budgétaire ou en matière monétaire, selon les pays. Elles ont été correctement utilisées. Et donc, globalement, l’Afrique s’en sort de la crise mieux qu’on n’aurait pu le craindre. Et maintenant, on voit dans la plupart des pays le retour à la croissance.

La Banque Africaine de Développement (BAD) annonce que les pays à économie diversifiée, comme le Maroc, ont mieux résisté et pourraient retrouver un taux de croissance supérieur à 5 %. Est-ce que vous faites la même analyse ?

Oui, c’est sûr. Un des problèmes de certaines économies africaines, mais d’ailleurs, ça existe dans d’autres parties du monde aussi, c’est le fait d’avoir une économie soit insuffisamment diversifiée, soit totalement énergétique. Pensons au Nigeria par exemple, où la part du Produit Intérieur Brut (PIB), qui n’est pas le PIB pétrolier, s’est beaucoup réduite au cours de ces dernières années, ou bien d’autres exemples ... Evidemment, dans ces cas-là, il est plus difficile de résister à la crise. Plus les économies s’intègrent dans le marché mondial avec une grande diversité de produits (et c’est mieux, ndlr). Vous citiez le Maroc, et c’est un très bon exemple. Le Maroc a très bien traversé la crise. Il va retrouver une forte croissance, mais beaucoup dépend des pluies et de la partie agricole, et il se trouve que ça s’est bien passé cette année … Donc, c’est un cas un peu particulier. Mais globalement, les économies les plus diversifiées s’en sortent mieux, c’est exact.

En Afrique de l’Ouest, le taux de croissance moyen l’an dernier tournait autour de 3 %. Est-ce qu’il pourrait retrouver les 5 % des années précédentes ?

Il va les retrouver. Pas immédiatement, mais il va les retrouver. Notre prévision est au-dessus de ces 3 % là pour l’année qui vient. Donc, on est sur la bonne pente. On ne va pas revenir au taux de croissance des 5 à 6 % qu’on a connu pour beaucoup de pays au cours de la décennie précédente. On va les retrouver assez rapidement. Sans doute pas pour 2010, mais on va les retrouver assez rapidement.

Parmi les pays les plus touchés par la crise en Afrique de l’Ouest, il y a la Côte-d’Ivoire. Les délestages se multiplient, la pauvreté augmente. Aujourd’hui, près de la moitié des Ivoiriens vivent sous le seuil de pauvreté. Est-ce que vous êtes inquiet ?

Oui, la Côte-d’Ivoire est quand même une triste tragédie. C’est un pays qui est très riche. La situation politique ne rend pas l’économie très « vibrionnante ». Le climat des affaires n’y est pas excellent et il faut absolument que la situation politique se rétablisse, sans doute par des élections, le plus rapidement possible. C’est vraiment très dommage de voir ainsi des années gâchées.

Vous avez accordé, au mois de novembre dernier, la deuxième tranche d’un prêt global de plus d’un milliard de dollars. La troisième tranche est-elle à venir ?

La troisième tranche devra venir. Cela dépendra de la façon dont nous apprécierons la période qui s’est passée entre-temps. Vous savez que lorsque nous déboursons des aides vers les pays en plusieurs tranches, il y a des procédures de révision, de contrôle de ce qui s’est passé dans l’intervalle. Normalement, cela devrait se passer comme il faut. Mais c’est très important que l’on soutienne l’économie ivoirienne qui est un poumon important de toute l’Afrique de l’Ouest.

En République démocratique du Congo, vous avez demandé aux autorités de revoir à la baisse l’emprunt chinois de 9 milliards de dollars qu’elles avaient contracté avec Pékin. Est-ce que c’est une condition indispensable à l’effacement de la dette congolaise et à l’accès au fameux point d’achèvement de l’initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) ?

Oui, l’affaire est très intéressante parce que, à la fois, ils avaient besoin de cet investissement chinois, parce que cela allait développer le secteur minier et puis, fournir pas mal de contreparties en termes de construction de routes, d’écoles, etc. Et à la fois, il ne fallait pas que cet investissement chinois mette à mal la procédure d’effacement de dette, parce qu’il y avait 3 milliards d’effacement de dettes à récupérer de l’autre côté, et cela aurait été extrêmement dommage que le fait de s’endetter de nouveau ou de fournir des garanties aux Chinois empêche l’effacement de la dette.

Je leur ai proposé une solution qui permettait de satisfaire les problèmes de garanties qu’avaient les Chinois sans que cela soit sous la forme d’une garantie de dette. Et du coup, maintenant, on aboutit. Avec un investissement effectivement un petit peu plus faible, mais globalement, on aboutit. Le Congo Kinshasa était un des derniers pays à ne pas avoir bénéficié de la grande procédure PPTE sur l’effacement de la dette. Enfin, on y arrive, et cela va être un coup de pouce important à cette économie qui reste une des plus pauvres d’Afrique.

Le point d’achèvement en 2010, c’est possible ?

Oui, je pense.





Altri articoli su:
[ Africa ] [ Economia ]

Comunicati su:
[ Africa ] [ Economia ]

Interventi su:
[ Africa ] [ Economia ]


- WebSite Info