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EN EGYPTE, L'EXASPERATION CONTRE LE REGIME RESTE CANTONNEE A INTERNET

Le Monde - 20 janvier 2011

par CĂ©cile Hennion

Il pleuvait sur Le Caire, lundi 17 janvier au matin, quand Abou Abdel Monem, propriétaire d'une sandwicherie, s'est aspergé d'essence devant le Parlement, se transformant en torche humaine. Aux journalistes, ses proches ont expliqué qu'il n'arrivait plus à les nourrir. Mardi, un autre homme s'est immolé par le feu devant le siège du conseil des ministres au Caire.

Dans son village de Qantara, dans le delta du Nil, il n'y a plus de pain. Muni de coupons de subvention, il s'était rendu au centre de distribution de la ville voisine. Mais celle-ci avait refusé de lui en donner, l'accusant d'utiliser ce pain pour ses sandwichs et non pour ses quatre enfants. Une grève des conducteurs de poids lourds avait aussi privé son commerce, installé sur l'autoroute, de ses seuls clients. Il était parti à la capitale pour trouver une solution. Il avait promis de rentrer tôt.

Peu après son admission à l'hôpital, un communiqué officiel a indiqué qu'Abdel Monem était un "déséquilibré qui s'est fait soigner dans un asile d'aliénés". Pour les Egyptiens, qui ont suivi avec passion la chute du régime tunisien et la fuite du président Zine El-Abidine Ben Ali, cette explication n'a guère convaincu. Et la question que tout le monde se pose est de savoir si la forteresse, érigée par le président Hosni Moubarak au cours de trente années de règne sans partage, est susceptible de s'effondrer, suivant l'exemple tunisien.

Du côté des analystes, ce scénario est envisagé avec prudence. "La révolution égyptienne, peut-être demain, peut-être jamais", résume Diaa Rachwan, chercheur au centre de stratégique d'Al-Ahram. Les similitudes entre les deux pays ne manquent pas.

"Ce sont deux dictatures, dont le pouvoir est monopolisé par une clique qui s'est isolée du reste de la population. Les libertés sont restreintes, les opposants arrêtés et souvent torturés. La corruption galopante est un autre point commun, ainsi que l'évolution économique. Dans les deux cas, des ajustements structurels ont mené à la libéralisation des échanges, à l'encouragement des investissements étrangers et aux privatisations, créant du chômage et creusant le fossé qui sépare la minorité riche de la majorité pauvre", résume Galal Amine, professeur d'économie politique à l'université américaine du Caire.

"UNE DICTATURE SUBTILE"

Pourtant, "non, dit-il, je ne crois pas que l'Egypte suivra l'exemple tunisien". Car au rayon des différences, il note l'état d'urgence en vigueur depuis l'assassinat du président Anouar el-Sadate en 1981, et la capacité "à gérer l'opinion publique". "C'est une dictature subtile, alliant un appareil sécuritaire puissant à des espaces de liberté maîtrisés qui permettent d'évacuer l'exaspération populaire", explique-t-il. La presse écrite peut ainsi adopter un ton très critique à l'égard du régime. Jusqu'aux élections législatives de fin novembre 2010, au cours desquelles l'opposition a été laminée, le Parlement était un espace où subsistait une certaine liberté de parole.

L'Egypte a été secouée, en 2008, par des émeutes violentes suscitées par la hausse des prix ou par des grèves géantes, comme celle du 6 avril, initiée par les ouvriers de la ville de Mahallah. Chaque fois, la colère, malgré son lot de victimes, a été absorbée à la manière d'un ventre mou, capable d'encaisser les coups les plus durs sans que jamais le corps ne s'effondre.

Echec d'une opposition aussi faible que divisée ? Amin Iskandar, l'un des fondateurs du mouvement contestataire Kefaya ! (Ça suffit !) fin 2004, préfère parler de "prémices" et de "répétition générale pour les mouvements à venir". "La Tunisie est une expérience inspiratrice", souligne-t-il, tout en modérant : "L'Egypte est au cœur des intérêts géopolitiques américains et israéliens dans la région. Ici, on lutte contre des forces internes mais aussi externes."

Sans retenue, les blogueurs et autres adeptes de Facebook ou Twitter ne se lassent pas de commenter les événements de Tunis. La révolution des internautes a, elle, bel est bien commencé. Encouragements et félicitations s'échangent avec enthousiasme via les réseaux sociaux entre jeunes Tunisiens et Egyptiens. "Nous sommes tous des déséquilibrés, a lancé un activiste sur Facebook après l'immolation d'Abou Abdel Monem. Rejoignez la révolution des malades mentaux égyptiens pour le changement!"

Derrière l'ironie grinçante, typiquement égyptienne, le rendez-vous est sérieux. La manifestation est prévue le mardi 25 janvier, à l'appel de l'opposition. Selon les organisateurs, 50 000 internautes égyptiens ont déjà indiqué qu'ils "pourraient y participer".

 





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